Le blogue de Martine Peters

Quelques idées qui me viennent…

Une façon intéressante de financer son doctorat… 27 mai 2012

Filed under: éducation,étudiants,TBI — Martine Peters @ 14:09

Hier, rencontre intéressante avec une jeune doctorante de France. Émilie Magnat examine comment les TNI (tableau numérique interactif) peuvent faciliter le développement de la conscience phonologique au primaire. Nous avons eu l’occasion d’échanger sur le sujet et j’ai été très surprise d’apprendre que ses études sont financées par Smart (une compagnie canadienne, basée à Calgary, qui produit des TNI).

Apparemment, il existe en France, un protocole d’entente entre le gouvernement et l’industrie qui permet de financer les études doctorales d’un candidat qui fait de la recherche dans un domaine qui intéresse l’industrie en question. Le gouvernement paie deux tiers du salaire du doctorant et la compagnie paie l’autre tiers.

Le gouvernement s’engage à payer l’étudiant (dans le cas d’Émilie, pour trois années consécutives) qui s’est trouvé une compagnie qui s’intéresse à son projet et accepte de l’embaucher. Le processus est complexe, exige beaucoup de temps et de patience, mais selon Émilie, « je n’avais rien à perdre ». Ce sont donc les étudiants débrouillards qui sont financés de cette façon. Malheureusement, ce sont rarement des étudiants en éducation qui sont financés de cette façon puisqu’il est plus difficile de trouver un sujet de thèse « à vendre » à une compagnie en éducation qu’en sciences ou en génie.

Quel est le bénéfice pour la compagnie? Le tiers du salaire qu’il paie à l’étudiant est déductible d’impôts. L’étudiant poursuit son doctorat et lorsqu’il présente une communication sur son sujet (comme l’a fait Émilie à Taichung), il mentionne le nom de la compagnie comme son commanditaire. Il peut aussi faire quelques tâches pour la compagnie, cela dépend de l’entente conclue. L’étudiant acquiert donc une expérience pratique dans un domaine qui l’intéresse tout en ayant le temps nécessaire pour travailler à ses études sans inquiétude financière.

Une belle formule à proposer au gouvernement Charest???

Image : http://fhsdsmartboard.pbworks.com/w/page/5894561/Elementary%20SMART%20Board%20training

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4 Responses to “Une façon intéressante de financer son doctorat…”

  1. On a déjà eu une formule de ce genre au Québec. LE FCAR offrait des « Bourse en milieu de pratique » en collaboration avec des entreprises. J’ai été l’heureux détenteur du telle bourse au début de mon doctorat. Ça m’a permis de vivre trois très belles années, bien encadrée, dans un milieu très riche. Par contre, je ne te dis pas le paquet de problème auquel tu as à faire face si l’organisme ou l’entreprise partenaire se retire ou décide que les données amassées ou que le matériel développé ne doivent pas être publiés ou encore si elle décide de mettre fin au projet oud e fermer le département auquel tu étais associés. Perso, après 36 mois de travail, j’ai du recommencer un nouveau projet… Si tu en reparle à Charest, assures toi qu’il comprennent que ce genre d’effort doit être bien encadré pour protégé les étudiants et pas les entreprises…

  2. Gilles Jobin Says:

    Si le doctorant est financé par une compagnie et qu’il «trouve» que le produit est excellent, je n’accorderais que peu de crédibilité à cette «recherche.»
    Un chercheur doit avoir une totale indépendance, sinon il vend son âme….
    Charest et sa gang ? Franchement… tu veux vraiment qu’ils farfouillent dans les résultats des chercheurs ? Tu voudrais vraiment que les chercheurs «donateurs au parti Libéral» soient privilégiés ???

  3. Anonyme Says:

    J’ai aussi une copine ici en Colombie-Britannique fait son doctorat en ergonomie selon cette formule. Elle travaille avec RIM. Son entente vient d’être renouvelle pour deux ans….

  4. Carole Raby Says:

    Je me questionne réellement, tel que le soulève M. Jobin, sur la « liberté » du chercheur au regard des résultats… Va-t-il être réellement libre de publier les résultats de sa recherche, tous les résultats de la recherche, sans recevoir de pression pour ne pas mentionner certains aspects moins intéressants des résultats ou au contraire « faire dire » juste un peu plus à certains résultats? La ligne est très mince et cette formule doit être bien encadrée. Dans certains domaines, notamment aux États-Unis, l’industrie finance de nombreuses recherches et les chercheurs de ces domaines disposent de fonds de recherche très considérables… Je ne suis donc pas forcément contre… Or, les règles doivent être très claires… Patrick mentionne également d’excellents points dont il faille tenir compte… L’idée est intéressante, quoique son opérationalisation doit faire l’objet de sérieuses réflexions et d’un encadrement certain.


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